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“It was wrong to open people’s letters, but it was right, it was essential for her to know everything.”












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“She need not judge. There did not have to be a moral. She need only show separate minds, as alive as her own, struggling with the idea that other minds were equally alive. It wasn’t only wickedness and scheming that made people unhappy, it was confusion and misunderstandings; above all, it was the failure to grasp the simple truth that other people are as real as you. And only in a story could you enter these different minds and show how they had an equal value. That was the only moral a story need have.”










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« Jusqu’alors j’avais pensé que chaque livre parlait des choses, humaines ou divines, qui se trouvent hors de livres. Or il n’est pas rare que les livres parlent de livres, autrement dit qu’ils parlent entre eux. À la lumière de cette réflexion, la bibliothèque m’apparut encore plus inquiétante. Elle était donc le lieu d’un long et séculaire murmure, d’un dialogue imperceptible entre parchemin et parchemin, une chose vivante, un réceptacle de puissances qu’un esprit humain dominait, trésors de secrets émanés de tant d’esprits, et survivant après la mort de ceux qui les avaient produits, ou s’en étaient fait les messagers. »















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« D’après le récit qu’il me fit, je l’imaginai associé à ces bandes de vagabonds que, dans les années qui suivirent, je vis de plus en plus souvent rôder à travers l’Europe : faux moines, charlatans, dupeurs, besaciers, bélîtres, et gueux, lépreux et estropiats, batteurs d’estrade, marchands et musiciens ambulants, clercs sans patrie, étudiants itinérants, fricoteurs, jongleurs, mercenaires invalides, juifs errants, échappés aux infidèles avec l’esprit impotent, fous, fugitifs en rupture de bans, malfaiteurs aux oreilles coupées, sodomites, et parmi eux artisans ambulants, tisseurs, chaudronniers, chaisiers, rémouleurs, rempailleurs, maçons, et encore fripouille de tout acabit, tricheurs, filous, fieffés coquins, vauriens, gens sans aveu, sans feu ni lieu, meurt-de-faim, cul-de-jatte, truands, porteballes, et chanoines, et prêtres simoniaques et prévaricateurs, et gens qui vivaient désormais sur la crédulité d’autrui, faussaires de bulles et de sceaux papaux, vendeurs d’indulgences, faux paralytiques qui s’allongeaient aux portes des églises, rôdeurs fuyant leurs couvents, marchands de reliques, devins et chiromanciens, nécromants, guérisseurs, faux quêteurs, et fornicateurs de tout acabit, corrupteurs de nonnes et de fillettes par ruses et violences, simulateurs d’hydropisie, épilepsie, hémorroïdes, goutte et plaies, ainsi que de folie mélancolique. »









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« 'Les simples sont de la chair à boucher, à utiliser quand ils servent à mettre en crise le pouvoir adverse, et à sacrifier quand ils ne servent plus.' »












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« Sur le bûcher, il s’était comporté… comment ? avec la fermeté des martyrs ou avec l’opiniâtreté des damnés ? »















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« ‘C’est inutile, ajouta-t-il, nous n’avons plus la sagesse des anciens, elle est bien finie l’époque des géants !’ ‘Nous sommes des nains, admit Guillaume, mais des nains juchés sur les épaules de ces Géants, et dans notre petitesse il nous arrive parfois de voir plus loin qu’eux à l’horizon.’ »












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« ‘Les machines, disait-il, sont effet de l’art, qui singe la nature, dont elles reproduisent non pas les formes mais la même opération.’ »












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« Et puis ce que je verrais à l’abbaye me ferait penser que souvent ce sont les inquisiteurs qui créent les hérétiques. Non seulement pour les imaginer quand ils n’existent pas, mais parce qu’ils répriment avec une telle véhémence la vérole hérétique que nombreux sont ceux qui l’attrapent par haine des inquisiteurs. Vraiment, un cercle conçu par le démon, que Dieu nous en garde. »












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« ‘Nul ne doit. Nul ne peut. Personne, même en le voulant, n’y réussirait pas. La bibliothèque se défend toute seule, insondable comme la vérité qu’elle héberge, trompeuse comme le mensonge qu’elle enserre. Labyrinthe spirituel, c’est aussi un labyrinthe terrestre. Vous pourriez entrer et vous ne pourriez plus sortir. Et cela dit, je voudrais que vous vous conformiez aux règles de l’abbaye.’ »














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« On vient souvent mourir à Nice, mais pas seulement : à la fin printemps 1954, Hitchcock y filme en Vistavision de lourds sous-entendus sexuels entre Grace Kelly, pas encore princesse, et Cary Grant (To Catch a Thief, en français La Main au Collet) ; en 1914, le service de chirurgie de son hôpital est sous le charme du dévouement de la Moreno, revenue exprès de sa lointaine pampa pour se rendre au chevet des Poilus estropiés, une excellente publicité ; en 1883, Stevenson séjourne dans son Grand Hôtel (il y était venu jadis, il ne reconnait pas la ville, seule n’a pas changé la place Masséna où il se souvient avoir vu son père se promener au clair de lune) puis il file s’installer à Hyères dans un chalet, La Solitude (conçue pour l’Exposition de Paris et acclimatée on ne sait pourquoi sur les hauteurs de la vieille ville méridionale, une miniature de chalet suisse au cœur d’un jardin luxuriant), d’où il écrit à son cousin Bob : Il n’y qu’un art – c’est omettre !Si je savais omettre, je ne demanderais rien d’autre. Un homme sachant omettre transformerait en Iliade le journal du matin (A man who knew how to omit would make an Iliad of a daily paper), cela à propos de Balzac et de la foule de détails incongrus qui d’après lui encombre son œuvre. »












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“Yes I hold my weary soul in my teeth;
That thou, which stood’st like a huge pyramid
Begun upon a large and ample base,
Shalt end in a little point, a kind of nothing.”










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"Wether we fall by ambition, blood, or lust,
Like diamonds, we are cut by our own dust"














"Fare thee well, Antonio! Since the malice of the world
Would needs down with thee, it cannot be said yet
That any ill happen’d unto thee, considering thy fall
Was accompanied with virtue."







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Good dear soul, 
Leave me; but place thyself behind the arras, 
Where thou mayst overhear us. Wish me good speed; 
For I am going into a wilderness, 
Where I shall find nor path nor friendly clue to be my guide.














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"Que tous les malheureux, les malades et les ennuyés de l’univers me suivent ! Et vous qui roulez dans votre esprit des projets sinistres de réforme ou de retraite pour quelque infidélité ; vous qui, dans un boudoir, renoncez au monde pour la vie, aimables anachorètes d’une soirée, venez aussi : quittez, croyez-moi, ces noires idées ; vous perdez un instant pour le plaisir sans en gagner un pour la sagesse : daignez m’accompagner dans mon voyage ; nous marcherons à petites journées, en riant le long du chemin, des voyageurs qui ont vu Rome et Paris ; -- aucun obstacle ne pourra nous arrêter ; et, nous livrant gaiement à notre imagination, nous la suivrons partout où il lui plaira de nous conduire."


"Ayant en effet, de ma première jeunesse jusqu’à présent, brûlé outre mesure d’un noble et très haut amour, plus peut-être (si je le reconnais) qu’il ne semblerait convenir à ma basse condition, et quoique les personnes de bon sens qui en furent averties m’en aient loué et estimé davantage, cet amour néanmoins me fut très dur à supporter, non certes par la cruauté de la dame aimée, mais en raison du feu excessif qu’un désir peu réglé avait suscité dans mon esprit ; ne me laissant satisfait  d’aucun résultat convenable, j’en éprouvais souvent plus de douleur qu’il n’était de mise. En un pareil tourment, les aimables entretiens d’un certain ami et ses louables consolations m’apportèrent un tel soulagement que j’ai la très ferme conviction d’avoir, par ce moyen, échappé à la mort."














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La méthode est ce qu’il y a de plus haut dans la critique, puisqu’elle donne le moyen de créer.

















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"Nous commencerons par la Bohème ignorée, la plus nombreuse. Elle se compose de la grande famille des artistes pauvres, fatalement condamnés à la loi de l’incognito, parce qu’ils ne savent pas ou ne peuvent pas trouver un coin de publicité pour attester de leur existence dans l’art, et, par ce qu’ils sont déjà, prouver ce qu’ils pourraient être un jour. Ceux-là, c’est la race des obstinés rêveurs pour qui l’art est demeuré une foi et non un métier ; gens enthousiastes, convaincus, à qui la vue d’un chef d’œuvre suffit pour donner la fièvre, et dont le cœur loyal bat hautement devant tout ce qui est beau, sans demander le nom du maître et de l’école."















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"Chevaux et voitures ! Cet horizon décida le jeune Gaston de Puyrâleux à contracter dans cette arme, qu’il jugeait d’élite, un engagement de cinq ans. Avant d’arriver à cette solution, Gaston avait cru bon de dévorer deux ou trois patrimoines dans le laps de temps qu’emploi le Sahara pour absorber, sur le coup de midi et demi, le contenu d’un arrosoir petit-modèle."
















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"‘But look, now, I beg, barber,’ rejoined the other deprecatingly not presuming too much upon the barber’s changed temper; ‘Look, now; to say that strangers are not to be trusted, does not that imply something like saying that mankind is not to be trusted; for the mass of mankind, are they not necessarily strangers to each individual man?’"















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"Dans ces cités on peut dire que tout est fait pour les gens, on avait le centre commercial à trois pas, une école pas loin mais Lyssa n'avait pas encore l'âge on a pris une nourrice, tout le monde faisait comme ça."









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